|
Nous
prendrons comme exemple la fabrication du bouton classique par excellence, celui pour
chemise, bonneterie, pyjama. Les coquilles sont tout d'abord triées à la main selon
leur taille ou leur épaisseur.
Le découpage des pions s'effectue à l'aide d'un tube dont le diamètre correspond à
la taille désirée et tournant à 8000 tours/minute. Ce tube comporte aucune dent, aucune
coupe, c'est la vitesse de rotation qui use le coquillage et provoque la découpe du pion.
Pour cette raison, ce tube est chauffé au rouge. Il est donc refroidi à l'eau.
Le rendement d'un coupeur est environ de 9 à 12 grosses à l'heure,
c'est-à-dire de 1300 à 1700 pièces.
Ces pions sont ensuite décapés à l'acide muriatique afin d'éliminer le plus
possible le calcaire, puis poncés à l'eau et à la grosse ponce, pour arrondir les
artères vives et parachever le travail à l'acide.
Après séchage, ils sont passés à la trieuse qui les groupera selon leur épaisseur.
Ce sera alors l'écroûtage qui se fera soit à la meule à main, soit au lapidaire à
ruban. Le dessous du pion deviendra plat et propre et l'on pourra à ce moment s'apprêter
à donner à la face, le relief désiré.
Ce relief est obtenu soit par méchage, soit par meulage. Le méchage donne une forme
de bourrelet ou de cuvette. Le meulage donne une forme de bombé. Cette dernière
opération sera toujours faite à la main tandis que le méchage tout comme le perçage à
deux ou quatre trous peut se faire à la main ou à la machine automatique dans certains
cas.
Le perçage intervient alors, il sera donc à deux ou quatre trous.
Le bouton aura pris ainsi sa forme définitive, mais parfois il retournera à la meule
à main pour arrondir légèrement le dessous, ce sera le reparage, ou au lapidaire à
ruban pour l'amincir.
Les boutons troca présentent un coloris appelé "naturel" qui est beige
couleur sable. Ils sont donc blanchis en passant toute une nuit au bain-marie dans un
coupage d'eau oxygénée.
Retirés de ce bain, ils sont poncés à l'eau, mais cette fois avec de la ponce fine
ceci afin d'effacer les rayures provoquées par la mèche ou par la meule, et d'adoucir
l'ensemble du boutons pour préparer le polissage.
Ce polissage donnera l'aspect brillant et définitif, il sera fait en deux opérations.
Un premier polissage à l'acide,ou les boutons tourneront environ dix minutes dans un
tonneau d'eau bouillante et un mélange d'acide muriatique et de vitriol,c'est-à-dire
d'acide sulfurique concentré.
Un deuxième polissage tonneau, où ils tourneront de 8 à 12 heures
avec de la sciure fine et de la pâte à polir, achèvera le brillant du bouton et
terminera le travail en atelier.
Mais le bouton classique laisse bien souvent la place au bouton fantaisie pour
chemisiers, robes et manteaux.
Au travail que nous venons de voir, il faudra ajouter certains gravages
qui pourront être faits à une machine pour un travail régulier : |
|
 |
|
à la sauteuse,
à la division, à la ligne droite, ou bien à la main. Ce sera une main sûre qui
dirigera en autant de geste nécessaires la fraise à graver, la brosse métallique, la
meule Une pastille de nacre pourra s'enrichir d'un cercle métallique, d'un motif doré,
un culot métal pourra lui, s'enrichir d'une pastille de nacre. Les trous pourront être
abandonnés. Ce sera une queue "barrette" dans la masse ou une queue rapportée
en plastique ou en métal qui figera le bouton sur le vêtement.
La fabrication étant terminée, tous les boutons passeront au magasin pour y subir le
triage des choix, l'emboîtage, l'encartage, ou l'ensachage. De plus à la demande, ils
pourront être teints à l'échantillon, selon le coloris du client.
Ainsi du coquillage brut au bouton terminé et prêt à être expédié, il aura été
nécessaire d'effectuer de 15 à 20 opérations principales, sans compter les opérations
secondaires et intercalaires survenant en cours de fabrication tels que contrôle des
quantités, rinçages, essuyages, tamisages .
|